Obtenir l'agrément (première démarche)

N'importe qui ne peut pas adopter n'importe quel enfant, n'importe 
comment. En France et ailleurs, il y a le droit de la famille.
Presque toujours, les liens biologiques sont privilégiés. 
Et tous les enfants "abandonnés" ne sont pas adoptables... 
 
Les démarches pour obtenir l'agrément, le feu vert pour adopter, 
sont longues, et un peu difficiles.
Longues parce qu'elles doivent prendre autant de temps qu'une 
grossesse, neuf mois, et prennent parfois davantage parce que les 
"candidats" sont nombreux et que les moyens de l'Aide Sociale à 
l'Enfance ne sont pas toujours adaptés (ils devraient étoffer les équipes, 
et les assoc' faire pression dans ce sens)...
(Un peu) difficiles en raison des ENJEUX:  vous avez des entretiens, avec 
une assistante sociale, avec un psychiatre, et vous devez répondre 
à de très nombreuses questions, pour être en quelque sorte "évalué/e/s" 
en tant que parent(s) possible(s).
De vos réponses et de l'appréciation de l'assistante sociale, du psychiatre,
dépendent l'avenir, le "sésame"... ! 
Il faut aussi admettre que l'on vous pose tant de questions, sur tant de sujets
 (vous, votre couple, votre projet, vos liens familiaux, l'éducation reçue, celle 
que vous envisagez, ... etc etc).
Nous avons eu de la chance, avec une AS qui considérait sa mission 
comme un travail d'accompagnement autant que d'évaluation et qui n'a pas
 "inspecté" notre maison, vérifié le contenu du frigo (ça arrive)  ni émis de
 jugements sur nos réponses.
Nos entretiens duraient deux à trois heures, et en raison des 
enjeux, nous en sortions bien fatigués!
L'entretien avec le psy dure moins longtemps mais n'est pas moins 
éprouvant...
Si nous avons bien vécu tous ces entretiens malgré le stress, toutes ces 
étapes vers l'agrément, c'est parce que nous estimons normal que l'ASE 
prenne des précautions : il faut protéger les enfants, qui ont déjà traversé 
la plus difficile des séparations. 
On ne peut pas confier ces enfants à "n'importe qui" et il y a parfois 
eu des dérives (aux USA récemment) qui nuisent ensuite à l'ensemble 
des adoptants et adoptés - pour un / quelques cas isolé/s.
Nous avions discuté avec notre AS des cas de refus du Conseil, de 
non agrément. En fait, ils sont assez rares, et elle avait évoqué - sans 
les nommer bien sûr - un couple qui avait des principes d'un autre temps :
pour eux, avoir un enfant c'était lui donner un toit, à manger, 
des vêtements et l'envoyer à l'école. Pour eux, c'était déjà bien puisque 
ces enfants viennent de pays pauvres, où l'on manque de tout.
Mais la dimension affective leur échappait complètement. 
Dans un tel cas, et sans jugement de valeur (ils n'avaient sans doute
rien connu d'autre), comment leur confier un enfant donné pour 
adoption ?
On dit moins "abandonné" désormais et l'essentiel est bien dans le don.

Il faut vraiment réaliser que les familles qui souhaitent adopter sont très
nombreuses, de très nombreux pays, et d'ailleurs, certains pays qui confient 
des enfants multiplient les critères de sélection (revenus, fortune, âge, etc).
Si nous n'allions pas chercher nos petits trésors, nul doute que d'autres
familles - américaines, canadiennes, italiennes, etc etc leur offriraient un 
foyer et une nouvelle vie, de famille.
 
Après 10 mois, notre AS nous a communiqué l'accord de la Commission
départementale :-)
Elle nous avait dit que cela ne poserait aucun problème au moment de
nous lire son rapport (sympa). Elle devait nous sentir tendus (les exams 
m'ont toujours fait flipper)
Quelle joie lorsque nous l'avons eu ! Le premier grand pas en avant... 
la porte qui s'ouvre !!!
Tout est possible ! Mais tout reste à faire ...  a fortiori quand on se tourne 
vers l'adoption internationale.
Lorsque nous l'avons eu, l'agrément était valable 5 ans, avec l'obligation de 
confirmer son projet avant chaque date anniversaire de l'agrément.
 


Article ajouté le 2006-08-10 , consulté 115 fois

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