Le premier voyage au Vietnam (part I )

Nous avons eu de la chance.
Tout le monde en a, tôt ou tard, dans son parcours, comme tout le monde 
rencontre, à un moment ou à un autre, des difficultés, des complications, ...) : 
nous sommes "passés" avant la réforme du 1er janvier 2006. 
Nous avions compris que le Vietnam avait signé la Convention de La Haye : 
c'est faux, le Vietnam n'a pas signé cette Convention - destinée à protéger 
les enfants, pour faire simple - mais à compter du 1er janvier, la démarche 
individuelle n'était plus possible et il faut, depuis, passer par une association 
(OAA) ou, quand elle sera opérationnelle au Vietnam, par l'AFA, la toute nouvelle 
Agence Française pour l'Adoption.
Nous avons donc bouclé notre dossier en vitesse, couru à la MAI et obtenu notre 
'fameux' numéro du Ministère de la Justice Vietnamien en décembre.
Entre temps, nous avions pris un coup de chaud sur les certifications, traductions, 
photocopies et autres coups de tampons... avec un coup de flip parce que l'Ambassade
voulait 2 exemplaires de tout pour traduire (la copine avait dit un seul suffit - un conseil, 
qui nous a servi par la suite : se promener avec TOUT le dossier, partout ! cela peut éviter 
des allers-retours bien stressants).
Prudente, la MAI nous a conseillé de partir au plus vite : personne ne savait ce qui allait 
se passer après le 1er janvier, comment nous serions, ou non, reçus dans les 
orphelinats... Le temps d'obtenir un visa, et nous étions dans l'avion!!!
Sauf que nous étions très nombreux à en faire autant! Un vent de panique soufflait, 
renforcé par le fait qu'à compter du 1er janvier également, les Américains (via leurs 
associations) "débarquaient", à nouveau autorisées au Vietnam.
Pour ceux / celles que cela intéresse, il faut ab-so-lu-ment voir le FILM "HOLY LOLA" 
de Bertrand Tavernier. J'avais eu peur de le voir avant de partir, tout le monde m'avait
dit Kleenex obligé - me connaissant. Je l'ai vu au retour et c'est, à quelques détails près, 
exactement ça! Le Cambodge n'est pas le Vietnam mais c'est proche (limitrophe) et cela
ressemble! Pour nous, cela ne s'est pas "fini" aussi bien... (je ne dis rien de plus, si 
vous n'avez pas vu le film). En tous cas au 1er voyage...
Arrivée, décalage horaire, chocs du climat (on a gagné 30°! et quelques degrés aussi 
d'hygrométrie) et du BRUIT!!! C'est effarant ce que le Vietnam est bruyant : les scooters,
qui se croisent un peu n'importe comment par milliers, n'arrêtent pas de klaxonner, et les 
voitures (beaucoup plus rares), les taxis ne sont pas en reste...  Et cela n'arrête pas, 
jour et nuit. Vraiment. Jour et Nuit. C'est simple, les 3 premiers jours, nous ne fermons 
pas l'oeil de la nuit! D'autant que notre hotel est hyper bruyant, sonore, que les gens 
s'interpellent à tue-tête, que cela résonne... Nous essaierons trois chambres différentes,
avec la même insomnie, avant de changer d'hôtel. Après 3 nuits sans sommeil, hagards,
nous nous sommes "risqués" dans une petite rue qui avait tout l'air d'un coupe gorge (!) 
à nos yeux d'Européens ... et qui était nettement moins bruyante! Ouf... 
Pour en revenir à Holy Lola, nous sommes donc arrivés à Saïgon, et nous sommes 
présentés au Consulat. Deux heures et demi plus tard (dont 2h15 d'attente, avec des 
adoptants dont la plupart se regardent en chien de faïence et 15 mn d'entretien)  nous 
sommes ressortis avec la liste des orphelinats du Sud Vietnam. Nous pouvions aller 
nous présenter, leur rendre visite, avec un(e) interprète dans la plupart des cas.
Notre dossier avait été transmis à un des orphelinats de HCMV, pas celui que nous 
espérions! En fait, il était dans le même quartier (immense, à 20 mn de taxi!) Thu Duc
mais c'était le "petit" orphelinat! Nous y sommes allés mais notre fiche n'étant pas 
encore arrivée, nous n'avons pas été reçus.
Nous sommes retournés là-bas souvent, patientant une fois plus de deux heures pour
apprendre que notre interlocutrice était absente... souvent reçus quelques minutes 
seulement, par une dame débordée qui nous donnait une information le mardi, l'info 
contraire le jeudi ... Attention : en Asie, on ne fait pas perdre la face à l'autre! 
Pas facile, dans ces conditions, de comprendre où est la vérité (y en a-t-il "une" seule?)
Bref, la seule constante, c'était "pas d'enfants"...  jusqu'au bout, à l'approche des fêtes
du Nouvel An, du Têt. 
Entre deux, nous allions rendre visite à d'autres établissements. Nous sommes allés 
dans tous les orphelinats de Saïgon même, dans des provinces autour...
Au Sud, nous sommes allés à Baria, où nous avons été très bien reçus, par la directrice,
pendant une heure! Nous étions accompagnés par My, en vacances à Vung Tau, 
qui avait accepté de nous venir avec nous et de faire l'interprète! C'est sans doute en
raison de sa présence que nous avons été si bien accueillis. Mais bien que charmante, 
la directrice n'a pas accepté notre dossier. Elle avait déjà trop en attente (combien? nous 
ne l'avons pas su). Elle a accepté notre carte de visite, mais ne nous a pas rappelés.
Et nous l'avons recontactée plusieurs fois, par My et par courriers traduits, mais en vain.
Suivant les conseils du Consulat, nous ne sommes pas allés nous présenter aux 
orphelinats de Vung Tau. L'un d'eux sortait d'une fermeture sanitaire, avec une épidémie 
dont plusieurs enfants avaient été victimes. L'autre était "mal vu" en raison d'un manque 
de rigueur administrative stigmatisé par notre Ministère des Affaires 
Etrangères. Ce sont des questions délicates car à la moindre incohérence dans les 
dates par ex. (de naissance, d'abandon, de présentation de l'enfant aux adoptants...), 
l'Administration soupçonne un trafic. Et prend des mesures "conservatoires" en 
attendant de clarifier la situation. 
Même si cela se comprend, cette prudence "fermait" deux orphelinats au moment où
il y avait le plus d'adoptants... 
Vung Tau nous a paru très calme, un havre de paix, comparée à Saïgon. 
La petite ville est à 1h30 d'overcraft par la rivière Saïgon, en bord de mer de Chine.
On y respire mieux aussi, même si la mer est paraît il polluée (pétrole).
Saïgon est une grande ville très polluée, où il est difficile de respirer.
Au Nord de Saïgon, nous avons été bien reçus par l'un des orphelinats, tenu par un 
père francophone très sympathique, mais qui n'accueille jamais de bébés. 
A une cinquantaine de kilomètres de HCMV, il nous a expliqué que les jeunes filles 
en difficulté sont envoyées à la ville, en séjour chez une tante, une cousine... éloignées
pour cacher une grossesse qui ferait perdre la face à sa famille. Elles accouchent donc
à Saïgon, et y abandonnent leur bébé.
Dans la même province, nous nous sommes rendus dans un autre orphelinat : il nous
fallait une autorisation de la police pour nous y rendre, et, après vérification de nos 
documents (agrément traduit et dument tamponné! ah oui, j'ai oublié de parler de toutes 
ces démarches avant 1er voyage!!!) un policier nous y a accompagnés. Notre interprète
n'a pas eu beaucoup de travail: nous n'avons pas été reçus et, sur le pas de la porte, 
l'échange n'a pas duré 5 mn. Cet orphelinat ne comprenait même pas que nous venions
car il ne confiait des enfants qu'aux Vietnamiens! 
Au Vietnam, nous n'avons pas le droit de conduire (ça évite des morts!), c'est donc à 
chaque fois fois en louant une voiture, avec un chauffeur plus ou moins sympa, que
nous quittons Saïgon, avec une interprète.
Sauf pour le Delta du Mékong - un nom qui m'avait toujours fait rêvé! en fait le Mékong
est une immense autoroute fluviale!!! - où nous avons réservé un voyage touristique de 
deux jours pour profiter du transport en autocar. Nettement moins onéreux...
Du coup, nous avons eu droit à une "mini-visite",  vers MyTho, avant d'arriver dans une 
autre ville du Delta, plus importante et d abandonner le groupe.
Nous avions rendu visite à un orphelinat, et la responsable administrative qui nous a recus 
avait des dollars dans les yeux! sauf que c etait beaucoup moins drole que dans les dessins
animes. Un malentendu (involontaire?) avec notre interprete, une mauvaise nuit, un second 
rdv plutot tendu, et nous etions dehors. Nous avons croise en sortant un jeune couple qui 
aurait peut-etre plus de succes, parce que moins de questions...
 
 
 
 


Article ajouté le 2006-08-10 , consulté 215 fois

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